Réunion : " Accueillir les émotions de son enfant "

Publié le par l'association Petits Yekwanas

Voilà un thème intéressant, passionnant, prenant, émouvant, captivant s'il en est un !

C'est un sujet sans fin dont nous reparlerons certainement tant il y a à dire, apprendre, échanger...


Il y avait 6 mamans et 7 enfants.


Nous avons commencé par dire que souvent les émotions étaient classées en négatives / positives.
Cette classification donne une idée partiale du sentiment : il est bon ou mauvais, comme si certaines émotions étaient permises et d'autres pas.
 
Nous avons opté pour cette classification dans notre lexique pour des raisons pratiques mais fondamentalement, cette dualité n'a pas de sens.

Une émotion est le sentiment vécu lors de telle ou telle situation, chacun la ressent avec ce qu'il est, ce qu'il vit et ce qu'il interprète, le vécu de ses parents...

Personne ne peut se permettre de poser un jugement de valeur sur le ressenti d'autrui, il est ce qu'il est.

Pour être en sécurité affective, équilibré psychiquement, autonome, confiant, les émotions ont besoin d'être accueillies, respectées, entendues, quelles qu'elle soient.

S'il est plus facile d'entendre la joie, la tristesse et la colère ont également un grand intérêt dans la construction de l'enfant.

Ce dernier doit savoir qu'il est aimé de la même manière s'il est triste ou s'il est heureux.
L'enfant a besoin de savoir qu'il est aimé sans condition.

Lorsque le parent est fâché, il est important de se rappeler que ce n'est pas après l'enfant mais après un comportement de l'enfant (qui traduit évidemment une émotion), là est toute la nuance !

Ce que nous voulons, c'est que notre enfant ne souffre pas, pas qu'on ne l'entende pas souffrir.

Tout ce qui n'est pas exprimé entraine le refoulement et une souffrance encore plus grande et plus profonde.

Comme nous adultes, l'enfant est une personne, qui plus est vulnérable!
Mettons nous à sa place, retrouvons l'enfant que nous étions pour comprendre ce qu'il vit.
Comment l'aurais-je vécu à son âge ?


Cela nous a conduit a parlé des pleurs et notamment des « pleurs de décharges ».
Les pleurs sont notamment l'expression de la colère, elle a besoin de sortir.

Ils sont bénéfiques a plusieurs égards s'ils sont accompagnés avec Amour sans conseil, sans qu'on essaie de les stopper :

*    l'enfant n'est jamais laissé seul lorsqu'il pleure, il est écouté,
*    il est pris dans les bras s'il en manifeste le besoin,
*    on ne l'envoie surtout pas pleurer ailleurs car cela voudrait dire que ce n'est pas acceptable.

Les larmes soulagent, guérissent, libèrent les tensions.
On a tous déjà ressenti cet apaisement après avoir pleuré lorsque notre souffrance a été entendue.


Quand on est soi-même énervé, fatigué, on ne supporte plus rien et la moindre bricole peut nous mettre dans un état disproportionné.
On se rappelle alors que ce n'est qu'une phase, que cela ne dure qu'un temps et que ce comportement qui nous énerve depuis quelques temps va passer.


On a le droit d'avoir envie de frapper, mais cela doit rester une envie. Le passage à l'acte n'est pas acceptable.
Aussi, pour se calmer et expliquer à l'enfant notre état d'esprit, on peut lui manifester notre envie mais lui dire aussi que cela ne doit rester qu'une idée.
Certainement que lui-même a déjà expérimenter cette envie et il se sentira rassuré de ne pas être le seul à ressentir ça.


Toujours laisser exprimer une émotion ne veut pas dire laisser-faire, tout passer.

L'écoute respectueuse n'implique pas systématiquement la satisfaction de toutes les demandes.
Il est important de savoir résister à la tentation.
Le tout est de distinguer le besoin (ou nécessité vitale) et le désir (l'envie).

En discutant, on est tombées d'accord pour dire que les relations entre enfants «s' auto-régulaient. En l'absence d'intervention des adultes, les enfants s'auto-gèrent.

Chacun trouve sa place quand bien même untel veut le jouet d'untel pendant qu'il est en train de l'utiliser.

Dans l'ensemble, on a constaté qu'il est meilleur d'intervenir le moins possible, hors cas de danger évident, bien-sûr.

On a clairement remarqué que plus on intervenait, plus les enfants se reposaient sur nous pour gérer leurs soucis et que c'était bien plus compliqué, long et bruyant que lorsqu'on les laissait faire.


Nous avons trouvé que la difficulté surgissait lorsque nous même avions un besoin (de lire, prendre du temps pour soi...) et que le besoin de l'enfant nous réclamait.

Les besoins des parents (ordre, calme, silence...) et ceux des enfants sont clairement opposés...Ce décalage ne doit pas entrainer « un jeu de pouvoir ».

Isabelle Filliozat  écrit dans Au coeur des émotions de l'enfant :

« Tous les parents en bavent...à moins qu'ils n'en fassent baver à leurs enfants. Si nous ne reconnaissons pas que vivre avec un enfant est éprouvant, nous accumuleront infailliblement de la rancune que nous projetteront sur lui à la moindre incartade. »

Les limites sont celles de nos propres besoins.
Il est fondamental de les reconnaitre et de se donner les moyens de les satisfaire.

Lorsque le parent est épanoui cela rejaillit forcément sur l'enfant qui lui même sera apte au bonheur!



Quelques petits trucs évoqués pour gérer « les situations de crise » :

1.    Avant de dire, faire, réagir : respirer profondément

2.    Prioriser : qu'est ce qui est le plus important ?

3.    Ne pas demander à l'enfant « pourquoi il pleure, il est triste »...mais « qu'est ce qui se passe » ?
A "pourquoi" : il se doit de répondre de manière raisonnable.
« Qu'est ce qui se passe » lui permet d'exprimer une situation et non une raison.

Attention  à ne pas lui demander trop vite ce qui se passe. L'enfant doit d'abord exprimer son émotion, éventuellement on peut faire une écoute empathique : « je crois que tu es très en colère ».
Avec un enfant plus âgé, on peut parfois revenir sur ce qui s'est passé.
Lui poser une question trop tôt l'oblige à réfléchir alors qu'il est dans le ressenti.

4.    L'enfant est dans l'immédiateté, ne pas lui rappeler la dernière fois qu'il a fait ci ou ça, ne pas lui faire promettre pour l'avenir...

5.    I .Filliozat donne une idée de construction de conversation:

« Quand tu » = comportement précis : jette tes vêtements par terre
« je ressens » = émotion du parent  : je suis en colère
« parce que je » = besoin du parent : j'en ai assez de les ramasser, je préfère faire autre chose avec toi
« je te demande de » = demande précise ici et maintenant qui permet de réparer la relation :
je te demande de comprendre ce que je ressens et d'aller les mettre dans le panier à linge sale
« de façon à ce que » = motivation pour l'enfant : de façon à ce que je me sente bien avec toi et que nous passions un moment agréable ensemble à jouer.


Cette formulation permet au parent d'être entendu et à l'enfant de savoir pourquoi la demande du parent est légitime. C'est du gagnant/gagnant.


La coopération est à long terme le plus bénéfique pour tous, quelques petits trucs permettent de la favoriser.

Ne nous en privons pas!


Idées de lecture :


Catherine Dumonteil Kremer     « Élever son enfant autrement »
Isabelle Filliozat     « Au coeur des émotions de l'enfant »
Isabelle Filliozat     « l'intelligence du coeur »
Faber et Mazlish      « Parents épanouis, enfants épanouis »
Faber et Mazlish     «  Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent »
Aletha Solter     «  Mon bébé comprend tout »
Aletha Solter     «  Comprendre les besoins de votre enfant »
Jacqueline Cornet     «  Faut-il battre les enfants ? Hommes et perspectives »
Alice Miller       " C'est pour ton bien "


Si des points ont été oubliés, mal interprétés / retranscrits, n'hésitez pas à le préciser en commentaire.
Au plaisir de vous lire!

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